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PORTRAITS DES HOMMES MODERNES
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L’HOMME ET SES NOUVEAUX MIROIRS
LES MIROIRS IDENTITAIRES
Que voit un homme aujourd'hui lorsqu'il se regarde dans le miroir ? Hier, le reflet était net, presque trop simple. C'était celui, monolithique, de la masculinité hégémonique : un modèle unique qui, malgré ses déformations, offrait une ligne claire à suivre.
Aujourd'hui, ce miroir s'est fragmenté en une multitude de reflets. Une véritable galerie des glaces où coexistent des figures parfois contradictoires : l'Alpha ou le Sigma Male de la « manosphère », le Femboy qui déconstruit les codes du genre, le Golden Retriever Boyfriend, le Looksmaxxer obsédé par son apparence ou encore le Performative Male, progressiste en façade.
Cette prolifération d'archétypes est à la fois le symptôme d'une réalité devenue plus complexe et l'une des causes d'une perte de repères croissante. Dans ce paysage éclaté, seuls 24 % des hommes français estiment être fidèlement représentés dans la publicité.
Quels sont les nouveaux miroirs de la masculinité contemporaine ? Comment les hommes composent-ils avec ces représentations multiples ? Quels enjeux cette transformation soulève-t-elle pour la société ? Sans prétendre apporter de réponse définitive, cet article propose plusieurs pistes pour commencer à dessiner les visages de l'homme de demain.
Seuls
des hommes français se sentent fidèlement représentés dans la publicité.

LES MIROIRS IDENTITAIRES
Que voit un homme aujourd’hui lorsqu’il se regarde dans le miroir ? Hier, le reflet était net, presque trop simple. C’était celui, monolithique, de la masculinité hégémonique : un James Bond dans Goldfinger (1964), archétype du mâle dominant pour qui toute résistance féminine n’est que le prélude à une conquête inévitable. Ce miroir unique, bien que déformant, offrait un modèle clair, une ligne à suivre. Aujourd’hui, ce miroir a été remplacé par une multitude de reflets. Une véritable galerie des glaces où chaque facette renvoie une image différente, souvent contradictoire. L’un des miroirs les plus récents est celui que tend Ryan Gosling, invitant les spectateurs de Projet Dernière Chance (2026) à « pleurer sans honte ». D’autres, plus grossissants ou parodiques, sont ceux des réseaux sociaux qui multiplient les archétypes : le Sigma Male et l’Alpha de la « manosphère », le Femboy qui déconstruit le genre, mais aussi le Golden Retriever Boyfriend (loyal et affectueux), le Looksmaxxer (obsédé par son apparence) ou le Performative Male (progressiste en façade, mais pour séduire). Cette prolifération de néologismes est à la fois le symptôme d’une réalité devenue complexe et l’une des causes de cette perte de repères : c’est ainsi qu’aujourd’hui, seuls 24% des hommes français se sentent fidèlement représentés dans la publicité.
- Quels sont les nouveaux miroirs de la masculinité contemporaine ?
- Comment les hommes naviguent ils au milieu de ces nouvelles représentations ?
- Quels enjeux pour la société ?
Sans prétendre livrer de réponse définitive, cet article se propose d’explorer plusieurs pistes pour commencer à dessiner les visages de l’homme de demain.
Seuls
des hommes français se sentent fidèlement représentés dans la publicité.

AU COEUR DE LA MAJORITÉ SILENCIEUSE : LE GRAND ÉCARTÈLEMENT
Si les extrêmes, du mâle alpha au fem boy, captent la lumière des médias, la transformation du masculin se joue aussi dans les coulisses. Elle est plus discrète, presque souterraine. Elle a lieu au sein de la grande majorité des hommes du « milieu » : cet immense continent que notre étude « Les Nouveaux Masculins » a cartographié. Près de trois hommes sur quatre (73%) s’y reconnaissent, loin des postures radicales. Mais ce « milieu » est loin d’être un bloc homogène. Il est traversé par une faille profonde, une ligne de fracture qui sépare deux manières d’habiter le monde et de répondre aux nouveaux miroirs que la société leur tend.
D’un côté, il y a les Adaptatifs
des hommes
Leur credo : trouver un « juste milieu », garder le meilleur de la tradition tout en s’ajustant, sans tout révolutionner, aux nouvelles attentes.
De l'autre côté, on trouve les INCLUSIFS
des hommes
qui voient dans l’égalité un enrichissement et cherchent à agir au quotidien pour la faire progresser.
De l'autre côté, on trouve les INCLUSIFS
des hommes
qui voient dans l’égalité un enrichissement et cherchent à agir au quotidien pour la faire progresser.
Cette fracture n’est pas théorique ; elle est visible dans les réactions les plus intimes. Face au miroir tendu par le mouvement #MeToo, seuls 28% des Adaptatifs y voient un motif d’espoir, l'homme et ses nouveaux miroirs contre 48% des Inclusifs, soit un écart de 20 points. Face à une blague sexiste, les Inclusifs sont bien plus nombreux (36% Vs. 22%) à marquer leur désapprobation. Les Adaptatifs incarnent un pragmatisme parfois contraint. Ils vivent dans l’inconfort du « je sais que je devrais », sans toujours parvenir au « je fais ». Cette tension donne naissance à une figure clé de notre époque : le Performative Male, souvent célébré et moqué sur les réseaux sociaux. C’est cet homme qui a parfaitement intégré le discours de l’égalité, mais dont les réflexes peinent à suivre. L’analyse est éclairante : 28% des hommes déclarent soigner leur apparence avant tout pour « faire plaisir à leur partenaire » (contre 16% des femmes), une quête de validation externe qui rappelle la figure du Pickme Boy, celui qui adopte les codes attendus pour être approuvé. Les Inclusifs, eux, ont franchi le pas de la conviction. Pourtant, leur chemin n’est pas plus simple. Ils se heurtent non seulement à leurs propres conditionnements, mais aussi à un mur de stéréotypes persistants. Et ce mur est solide, car il est construit par tout le monde. Quand on demande aux Français – hommes et femmes – de citer des traits « plutôt masculins », les mêmes mots reviennent inlassablement : « force », « esprit de compétition », « autorité ». Le consensus involontaire crée une puissante cage normative. Il explique pourquoi les Adaptatifs peinent tant à transformer leurs intentions en actes et pourquoi les Inclusifs peuvent avoir l’impression de nager à contrecourant. La majorité des hommes est ainsi prise en étau entre une volonté de changement et la force d’un imaginaire collectif qui, lui, ne change que très lentement.
des hommes déclarent soigner leur apparence avant tout pour faire plaisir à leur partenaire
LE PARADOXE DES GÉNÉRATIONS : QUAND LES MIROIRS SE MULTIPLIENT
Cette cage normative, cet imaginaire collectif qui maintient les hommes du milieu en étau, est aujourd’hui profondément bousculée. Moins par une idéologie que par une dynamique générationnelle complexe qui rebat les cartes. Cette dynamique est particulièrement visible chez la Gen Z, pour qui les miroirs de la masculinité ne se sont pas seulement multipliés : ils sont devenus plus intenses et plus contradictoires que jamais. C’est ce qui donne naissance à une surprenante « grande inversion»: sur bien des points, les plus jeunes affichent des positions plus conservatrices que leurs aînés.
Le paradoxe est saisissant : notre étude révèle que 50 % des hommes de la Gen Z (18-29 ans) estiment qu’un homme au foyer est moins séduisant qu’un homme qui travaille, contre seulement 32 % chez les Baby-Boomers (60-75 ans). Sur la vulnérabilité, 35 % des jeunes pensent qu’un homme ne doit pas montrer ses faiblesses en couple, un réflexe de pudeur virile qui ne concerne que 23 % des plus âgés.
Dans cette dernière saison, les trajectoires des personnages féminins passent quasi systématiquement par une hypersexualisation de leur corps : Cassie (Sydney Sweeney) se lance sur OnlyFans, tandis que Jules (Hunter Schafer) devient sugar baby. Le miroir tendu par Euphoria est donc profondément paradoxal. Il dit aux jeunes hommes : « Vous avez le droit d’être vulnérables, dépressifs, en quête d’identité ». Mais il leur montre, dans le même mouvement, des personnages féminins réduits à des objets de désir, soumis à ce même regard masculin qu’il prétend déconstruire. La Gen Z grandit ainsi prise en tenaille, non plus entre deux oeuvres distinctes, mais au sein d’une seule et même production culturelle ultrapopulaire, qui valide à la fois la sensibilité masculine et la persistance du regard dominateur. Face à cela, la sérénité des Baby-Boomers s’explique par la revanche du réel. Ayant traversé plusieurs époques et modèles sociaux, leur identité est moins dépendante des nouvelles injonctions de performance. L’expérience de vie semble apporter une forme de sagesse, une distance ironique face aux stéréotypes de genre. La question cruciale est donc de savoir si les jeunes hommes d’aujourd’hui suivront la même trajectoire. Vont-ils, avec la maturité, assouplir leurs positions ? Rien n’est moins sûr. Car la Gen Z est la première génération à construire son identité masculine sous l’influence permanente des bulles algorithmiques, qui tendent à polariser plutôt qu’à nuancer. Leur immersion précoce dans ces miroirs déformants créera-t-elle une génération durablement fracturée, ou trouveront-ils, avec le temps, une nouvelle synthèse ?
Les plus jeunes affichent des positions plus conservatrices que leurs aînés

DEMAIN, QUEL HOMME ? TROIS FUTURS SUR LE BANC D’ESSAI
L’avenir de la Gen Z, et avec elle celui des masculinités, reste donc une page blanche. Cette incertitude crée un espace où plusieurs futurs possibles sont déjà en compétition, comme trois reflets distincts dans le miroir de demain.
3 reflets distincts dans le miroir de demain
1. Le miroir brisé La polarisation toxique C’est le scénario de la fracture généralisée.
2. Le miroir de fumée L’adaptation opportuniste C’est le scénario du « tout change pour que rien ne change ».
3. Le miroir kaléidoscope La synthèse créative C’est le scénario le plus optimiste, mais aussi le plus exigeant.
1. Le miroir brisé : la polarisation toxique C’est le scénario de la fracture généralisée. Les bulles algorithmiques, que nous voyons aujourd’hui à l’oeuvre, deviennent des forteresses idéologiques. D’un côté, la « manosphère » se structure, transformant les InCels et autres MGTOW de phénomènes marginaux en mouvements organisés, prônant un repli agressif. De l’autre, les mouvements progressistes se durcissent en réaction. Le dialogue devient impossible. Dans ce futur, les hommes du milieu sont sommés de choisir leur camp. Le « grand écartèlement » que nous décrivons aujourd’hui se mue en guerre culturelle ouverte. Les conséquences dépassent le simple débat d’idées : les relations hommes-femmes se judiciarisent, les entreprises deviennent des champs de mines idéologiques, et la société se déchire. Le miroir de la masculinité n’est plus seulement multiple, il est brisé, et chaque éclat devient une arme.

2. Le miroir de fumée : l’adaptation opportuniste C’est le scénario du « tout change pour que rien ne change ». La masculinité hégémonique ne meurt pas, elle devient plus intelligente. Elle mue. Dans ce futur, les hommes maîtrisent à la perfection le double langage : féministes en public, traditionalistes en privé. Le Pick-me Boy, qui sait dire ce qu’on attend de lui pour être validé, devient le modèle dominant. L’égalité progresse en surface. Les indicateurs s’améliorent, les discours sont irréprochables. Mais les structures de pouvoir profondes restent intactes. Les femmes se heurtent à ce que l’on pourrait appeler un « plafond de coton » : plus doux et plus souple que le plafond de verre, il n’en est pas moins infranchissable. C’est le triomphe du Performative Male à l’échelle de la société tout entière. Le miroir est sans tain : il renvoie une image parfaite tout en dissimulant une réalité inchangée.

3. Le miroir kaléidoscope : la synthèse créative C’est le scénario le plus optimiste, mais aussi le plus exigeant. Il imagine que les contradictions actuelles ne sont pas des impasses, mais le creuset d’une nouvelle synthèse. Dans ce futur, les hommes du milieu, ce laboratoire de 73 % de la population masculine, réussissent à intégrer les tensions. Ils apprennent à être simultanément forts ET vulnérables, ambitieux ET présents pour leur famille, soucieux de leur apparence sans en être esclaves. Ce scénario suppose une prise de conscience collective. Les entreprises jouent le jeu en normalisant le congé paternité et en valorisant l’intelligence émotionnelle. Les plateformes régulent les algorithmes pour favoriser la nuance plutôt que la haine. Les productions culturelles célèbrent cette nouvelle pluralité. La Gen Z, avec la maturité, transforme ses angoisses identitaires en une masculinité plus souple et intégrée. Le miroir n’est plus ni unique, ni brisé, mais devient un kaléidoscope, capable de créer une infinité de motifs harmonieux à partir des mêmes fragments de réalité.

LES VISAGES DE DEMAIN, UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
Au terme de ce parcours dans la galerie des glaces contemporaine, un constat s’impose, l’ère du miroir unique est révolue. La masculinité n’est plus un territoire aux frontières définies, mais un chantier permanent, un archipel d’identités en pleine négociation. L’homme de demain n’existe pas encore ; il est une mosaïque de possibilités, un work in progress façonné par les tensions que nous avons décrites. Cette transition, cependant, n’est pas un simple sujet d’étude sociologique. Elle est une source d’inquiétude et une urgence collective. Le signal est clair : 72 % des Français réclament une action des pouvoirs publics pour limiter la diffusion des idées masculinistes. Ce chiffre ne traduit pas seulement une opinion, mais une prise de conscience des risques d’une évolution mal accompagnée. La fabrique du masculin n’est plus un sujet privé, elle est devenue une question politique.
Car l’enjeu, et c’est là le point crucial, dépasse de loin la seule condition masculine. La redéfinition de la masculinité est la condition même de l’égalité réelle. Tant que les hommes resteront prisonniers d’injonctions contradictoires, les femmes resteront assignées à leurs rôles traditionnels. Chaque pas qu’un homme fait pour accepter sa propre vulnérabilité libère les femmes de l’injonction d’être les seules gardiennes de l’émotionnel. Chaque père qui investit pleinement son rôle parental permet à une mère de ne pas avoir à choisir entre sa carrière et sa famille. L’évolution positive de la masculinité n’est donc pas une concession faite aux femmes, mais un projet de société qui nous concerne tous. C’est pourquoi la création de nouveaux modèles masculins – des modèles pluriels, complexes et authentiques – est un enjeu majeur. Ces modèles doivent être incarnés, médiatisés, valorisés dans les entreprises, les publicités et les productions culturelles. Non pour remplacer une norme par une autre, mais pour offrir enfin à chaque homme la liberté de se reconnaître dans un reflet qui lui ressemble, sans avoir à performer une masculinité qui n’est pas la sienne. Dessiner ces nouveaux visages, c’est notre responsabilité collective.
des Français réclament une action des pouvoirs publics pour limiter la diffusion des idées masculinistes
Global population decline is a mathematical certainty
Global fertility rates have collapsed since the mid-1960s. Because the number of people being born is in rapid decline, population decline is inevitable – the only variable is how long it will take in different parts of the world.

Births minus deaths - per country

Source: United Nations, Department of Economic and Social Affairs, Population Division (2024). World Population Prospects: The 2024 Revision, custom data acquired via website.
Three key factors have led to declining global fertility:
Urbanisation:
Moving from rural farms (where kids are free labour) to cities turns children into a major financial expense.
Spotlight: See how urbanisation has transformed Mexico in one century.
Changing lives of women:
Urbanisation provides women with access to education and career opportunities outside the family unit. This shift leads women to delay – and ultimately reduce – their fertility, having fewer children (or none at all).
Cultural shift:
People have individually decided to prioritise 'living their best lives' now rather than fulfilling a perceived responsibility to create the next generation.
The global economy is losing its main engine: consumers
Post-WWII economic growth was largely driven by the human population quadrupling. The consequences of our upcoming demographic transformation isn't about our ability to produce goods, but rather a lack of people to consume them. If you ride the population escalator up for growth, you will eventually have to ride it down.
Robots don't buy lunch
While AI and automation will drastically reduce the cost of production, they cannot solve the problem of consumption. An economy driven by consumer goods cannot grow if the number of consumers is shrinking – and robots don't buy baby prams, furniture, or cars.
The population pyramid is inverting
Many countries are seeing their population pyramids flip, with a shrinking base of young people and a growing top of older, dependent individuals. This leads to generational tension, as fewer workers must support a larger elderly population.
of the world population will be over 60 by 2050, up from 12% in 2015.1

World population: preparing for a fall

Source: United Nations, DESA, Population division. World Population Prospects 2022. http://population.un.org/wpp/ *0.5 over or under current replacement fertility rate of 2.1 children. +0.5 references if the rate is 2.6 children, while -0.5 if the rate is 1.6 children
Businesses must navigate the 'dormant' vs. 'endurance' economies
The population is splitting into two distinct groups:

A dormant economy of affluent older people who already own what they need and consume less. They need to be 'woken up' and re-engaged by marketers who currently ignore them (e.g., affluent women over 65).

An endurance economy of younger generations who face financial precarity who cannot afford to participate in the traditional consumer market and attain milestones like homeownership. Brands need to help this group cope with their reality.
There are massive opportunities for those who adapt early
Businesses and marketers who stop relying on natural population growth, drop their outdated youth-focused marketing models, and actively innovate for this older, changing society will be the ones who win and build massive wealth on the 'escalator down'.
of people globally live in a country whose population has already peaked.2
Thought starters
Do declining populations mean you need to tilt your strategy towards building loyalty and/or maximising share of wallet?
Does your current tone of voice resonate with people’s real lives in today’s endurance economy?
Does your brand have potential to unlock spending in the dormant economy?
Footnotes
1. World Health Organization (2025). Ageing and health. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/ageing-and-health
2. United Nations (2024). World Population Prospects 2024: Summary of Results. https://population.un.org/wpp/

