OH BOOMER
Where art thou?
LE MMA, SUMMUM DU MASCULINISME ?
GENERATIONS AT WORK
A tale as old as time

GENERATIONS AT WORK
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LE MMA EN FRANCE Il a fallu attendre janvier 2020 pour que le MMA soit légalisé dans notre pays et depuis, les événements organisés à l’Accor Arena de Paris par l’UFC ou le PFL affichent complet en quelques minutes, les audiences télévisées crèvent le plafond et les fédérations FMMAF et FFKMDA enregistrent plus de 80 000 pratiquants cette année. La France est même devenue la troisième nation la plus représentée dans les organisations mondiales de combat libre derrière les États-Unis et le Brésil . En France, Ciryl Gane ( à droite ), affectueusement surnommé « Bon Gamin », compte parmi les superstars du MMA et a été le seul Français invité au tournoi organisé le 14 juin 2026 pour l’anniversaire de Donald Trump à la Maison-Blanche. Confronté au Brésilien Alex Pereira, il l’a battu par KO technique au deuxième round avant d’aller saluer le président américain. Dans un registre totalement différent, Benoît Saint Denis, alias « God of War », fascine le public. Cet ancien membre des forces spéciales françaises propose un style de combat d’une intensité rare et incarne la figure du guerrier.
Plus de
80000 PRATIQUANTS
La France 3ème pays le plus représenté

Cyril Gane « Bon Gamin »
QUEL RAPPORT AVEC
LE MASCULINISME ? Au-delà de la performance athlétique, l’ascension du MMA soulève des questions sur son lien avec le masculinisme. Ce mouvement idéologique, qui estime que les hommes traversent une crise dans la société moderne et prône un retour aux valeurs traditionnelles de la virilité, trouve parfois un écho dans ce sport. Par sa nature brute, mêlant coups, sang et domination physique, le MMA est souvent perçu comme l’expression ultime de la masculinité traditionnelle ; pour certains hommes en quête de repères, la cage représente même un refuge ou l’idéal du guerrier. Il y a dix ans, dans son livre «Se faire respecter» : Ethnographie de sports virils dans des quartiers populaires en France et aux États-Unis , le sociologue Akim Oualhaci avait déjà relié l’engouement pour le MMA à la volonté de certains jeunes, les hommes en priorité, de se construire une identité masculine forte et regagner une forme de respectabilité sociale face aux inégalités. Pour lui, dans un contexte de précarité et de discriminations, le corps devient l’un des seuls capitaux disponibles et la salle de sport devient un espace d’entre-soi où les jeunes peuvent regagner une dignité et un respect qu’ils pensent leur être refusés à l’extérieur. Les risques de dérives de surperformance viriliste ne manquent pas, ni de récupération. Cyril Lemba, Fondateur du média Just See Real, voit dans le MMA « un nouvel espace investi politiquement qu’une partie de l’extrême droite identitaire tente de capter : culte de la force, discours de rejet des valeurs progressistes… » et interroge « le MMA serait-il devenu une arme culturelle ? ». Les Active Clubs regroupent déjà aux États-Unis et en Europe des hommes qui se reconnaissent dans ces valeurs et qui en s’entraînant ensemble, développent une solidarité fondée sur l’effort, la discipline et la loyauté, des valeurs phares de l’idéologie fasciste. Le corps musclé, endurant, prêt au combat devient le symbole d’un ordre moral et racial à restaurer. Pour Francis Dupuis-Déri , professeur en science politique, « la crise de la masculinité est un discours qu’on entend depuis au moins l’Antiquité romaine – et aujourd’hui partout sur la planète – qui laisse entendre que les hommes vont très mal à cause des femmes qui prendraient «notre» place d’homme et à cause des féministes qui nous critiqueraient méchamment … L’homme serait une victime des femmes et la solution serait de revaloriser une masculinité conventionnelle qui aurait été malmenée par la féminisation de la société ». La sociologue Mélissa Blais, spécialiste de l’antiféminisme, voit même dans le masculinisme un projet global visant à remettre les femmes à une place assignée (mère au foyer, conjointe docile) en prétendant que c’est la seule façon de « sauver les hommes ». Quant à l’historienne Christine Bard , elle le considère comme un véritable mouvement politique réactionnaire qui s’organise à chaque fois que les femmes gagnent de nouveaux droits. Les réseaux sociaux fonctionnent comme un amplificateur puissant avec des algorithmes qui surexposent à des contenus virilistes et antiféministes plus ou moins violents. De nombreux influenceurs de la mouvance « mâle alpha » exacerbent cette image d’hyper-virilité et se servent des sports de combat pour vendre des formations ou promouvoir une idéologie où l’homme se doit d’être fort, dominant et intraitable. Le Haut Comité sur l’égalité en France lance l’alerte dans son Rapport 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France : la menace masculiniste et note que « 17 % des Français de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent à un sexisme hostile aux femmes qui peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes ». Dans ce contexte, tout ce qui encourage les inégalités femmes-hommes, contenus numériques ou expressions viriles radicales, risque « d’amplifier des discriminations et structurer un système idéologique qui peut légitimer le passage à l’acte, banaliser des violences et, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre. C’est une menace à l’ordre public et un enjeu de sécurité nationale ». Pour autant, il n’est pas inutile de séparer récupération idéologique et réalité du MMA professionnel, une discipline codifiée reposant sur le respect de l’adversaire et une rigueur martiale. On l’a vu aussi, c’est un sport où les femmes excellent et s’imposent, comme le souligne Tevi Say (championne de Kung Fu, première combattante française de MMA, professeure à la United Fight Team et fondatrice des MMA Girls à Paris et Nantes).

Océane Samson « L’apprentissage d’un sport de combat donne confiance et permet de revenir dans son corps. Les femmes réapprennent à rentrer en contact avec d’autres et à être en opposition, s’affirmer et se rendre compte que leur corps est fort aussi, que leur corps existe et qu’il est là, qu’il peut se renforcer et que ce n’est pas fini. Elles sont maîtresses de leur corps et de leur esprit. C’est très libérateur ».
LE MMA, AU-DELÀ D’UN PHÉNOMÈNE SPORTIF
UNE AUDIENCE EN CROISSANCE RAPIDE,
PARTICULIÈREMENT AUPRÈS D’UN PUBLIC
MASCULIN ET JEUNE Depuis sa légalisation officielle en 2020 en France, le MMA (Mixed Martial Arts) est devenu un véritable phénomène de société : on attend 80 000 pratiquants réguliers dans les salles françaises pour 2026, et on compte déjà 12 000 licenciés par la French MMA Federation. 350 clubs les accueillent un peu partout en France et le Zénith de Paris ou les Arènes de Béziers organisent régulièrement des combats suivis par des milliers de fans, tout comme ceux de la MMA League et les championnats amateurs (qui ont eu lieu fin mai/début juin 2025).
Qu’en pensent les Français ? Pour le savoir, Ipsos BVA les a interrogés via sa plateforme en ligne Ipsos. Digital et l’on découvre d’abord que 79 % d’entre eux déclarent connaître le MMA, un chiffre particulièrement élevé quand on se souvient que les compétitions avec frappes au sol étaient interdites il y a moins de six ans.
Pour autant, notoriété ne dit pas intérêt. Seuls 2 % des Français se disent fans de MMA, 4 % affirment s’y intéresser régulièrement et 18 % occasionnellement ; 55 % le connaissent mais ne s’y intéressent pas et 21 % ne le connaissent pas du tout.
Le MMA a donc réussi en quelques années à se construire une visibilité forte auprès des Français. Mais quelques nuances importantes existent derrière ce constat général :
- Les jeunes sont plus exposés au MMA que leurs aînés, puisque 88% des 18-34 ans déclarent connaître le MMA, pour 81 % des 35-54 ans et 69 % des 55-75 ans. Cette surreprésentation des 18-34 ans est plus marquée encore dans le public qui s’intéresse à la discipline : ils représentent en effet plus de la moitié des fans de MMA, et la moitié des répondants qui s’y intéressent régulièrement.
- À cette nuance d’âge, il faut ajouter aussi une lecture par genre : un tiers des hommes s’intéressent au moins occasionnellement au MMA (soit 41 % de ceux qui connaissent la discipline). Les femmes sont 14 % à s’y intéresser au moins occasionnellement (soit 20 % de celles qui connaissent la discipline). Les hommes sont donc plus susceptibles que les femmes de s’intéresser au MMA une fois qu’ils ont découvert l’existence de ce sport.
On observe donc une tendance de fond avec une proximité plus marquée entre le MMA et les hommes jeunes que dans le reste de la population française.
des 18-34 ans déclarent connaître le MMA

UNE FRONTIÈRE PARFOIS
POREUSE ENTRE INTÉRÊT POUR
LE MMA ET MASCULINISME Deux phénomènes nous ont semblé intéressants à croiser : l’intérêt des jeunes hommes pour le MMA et la montée du masculinisme ; y a-t-il un lien entre ces deux dynamiques ? Nous avons donc demandé à nos mille répondants leur avis sur cinq opinions caractéristiques du masculinisme pour comparer les taux d’approbation de ceux qui ont déclaré un intérêt pour le MMA et le reste de la population. Commençons par « Le féminisme tel qu’il s’exprime aujourd’hui est trop radical ». 48 % des Français sont d’accord avec cette phrase (dont 18 % de « tout à fait d’accord » et 30 % « plutôt d’accord »). Quand on regarde les réponses de ceux qui s’intéressent – occasionnellement ou plus – au MMA, ce taux monte à 59 %, dont 24 % tout à fait d’accord. Est-ce que « les hommes ne peuvent pas/plus exprimer leur virilité sans être critiqués » ? Oui pour 37 % de la population française, dont 12 % « tout à fait d’accord », un score qui passe à 51 % chez les suiveurs de MMA, dont 18 % sont tout à fait d’accord. 24 % des Français pensent qu’« il faut revenir à une répartition des rôles plus traditionnelle entre homme et femme au sein du foyer », dont 10 % tout à fait d’accord, quand le taux d’approbation augmente de 10 points chez les suiveurs de MMA : 34 %, dont 13 % tout à fait d’accord. 20 % de la population pense aussi que « l’égalité homme/femme est allée trop loin », dont 8 % tout à fait d’accord. Là encore, le taux d’approbation est plus élevé chez la communauté MMA : 32 %, dont 12 % tout à fait d’accord. 20 % de la population pense aussi que « l’égalité homme/femme est allée trop loin », dont 8 % tout à fait d’accord. Là encore, le taux d’approbation est plus élevé chez la communauté MMA : 32 %, dont 12 % tout à fait d’accord. Enfin, 18 % des Français estiment que « les hommes sont défavorisés dans la société moderne », dont 6 % tout à fait d’accord. Ici, les chiffres sont assez spectaculaires avec 32 % d’approbation (dont 11 % tout à fait d’accord) pour la population qui nous intéresse particulièrement. On pourrait être tenté d’expliquer ces différences uniquement par la surreprésentation des hommes dans la communauté MMA, mais il est notable que les taux d’approbation y sont globalement supérieurs à ceux des hommes en général, montrant bien une affinité particulière entre ce sport et les idées masculinistes.
des 18-34 ans déclarent connaître le MMA

Cyril Gane « Bon Gamin »
MENACE IDÉOLOGIQUE OU
ÉMANCIPATION ET DÉPASSEMENT ? Faut-il alors considérer les clubs et la pratique du MMA comme des terreaux d’un entre-soi masculin hostile aux femmes ? Notre exploration de l’univers MMA nous donne ici encore une vision beaucoup plus nuancée. Indépendamment du point précédent, nous avons interrogé les Français sur les bénéfices perçus de la pratique du MMA pour les hommes et pour les femmes. Il ressort que, dans la perception générale, les femmes ont plus à gagner que les hommes dans la pratique du MMA :

Enfin, la pratique du MMA apporterait une meilleure santé physique aux femmes pour 44 % des Français Vs. 39 % pour les hommes. Cette différence suggère qu’au féminin, ce sport est perçu à la fois comme plus émancipateur et plus sécurisant sur le plan personnel, seuls 39 % pensant d’ailleurs que pour les femmes, la pratique du MMA serait un prétexte pour faire mal, 10 points de moins que pour les hommes. Aujourd’hui, l’image du MMA est tendue entre deux représentations :
- Un masculinisme qui, pour le Haut Conseil àl’Égalité en France par exemple, incarne le risque » d’amplifier des discriminations et structurer un système idéologique ».
- Un vecteur d’affirmation, de dépassement etd’émancipation pour ses pratiquants, notammentles femmes. Le MMA apparaît donc moins comme un simple phénomène sportif que comme un miroir des anxiétés et des aspirations d’une partie de la population face aux transformations sociétales contemporaines. Un positionnement à la croisée des chemins symbolisé par Cédric Doumbè, star très médiatisée du MMA français et engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes, mais vivement critiqué fin 2023 pour ses allusions ironiques à l’égard de celles qui consultent des gynécologues hommes. Les choses ont-elles changé depuis ?
des 18-34 ans déclarent connaître le MMA

Cyril Gane « Bon Gamin »
16-25
The Optimists

Mindset: Hopeful, enthusiastic, and values-driven. Sees potential everywhere and believes the organisation wants to do the right thing.
Experience overview: Highly positive across leadership, culture, and wellbeing — but lowest sense of belonging. Still forming identity, networks, and confidence.
What they need: Connection, inclusion, and reassurance they belong.
Risks: Optimism fades quickly into disengagement or early exit.
40% of 16-25-year-olds across 30 countries say they often feel lonely at work, in comparison to a total population average of 33%.1
Mindset: Motivated but questioning. Ambitious, capable, and increasingly aware of gaps between intent and reality affecting trust levels.
Experience overview: Noticeable dip in positivity as the 'honeymoon' ends. Trust and confidence in change decline, yet intent to stay rises.
What they need: Transparency, follow-through, and visible progress.
Risks: Scepticism hardens into cynicism.
According to people across 30 countries, 26-35-year-olds rank #1 as the age group most likely to be at ease with digital tools, with artificial intelligence, and to be innovative in the workplace.1
26-35
The Realists

36-45
The Squeezed Middle

Mindset: Committed, responsible, and stretched. Carries delivery, people leadership, and organisational friction simultaneously.
Experience overview: Strain and workload are high due to process and tool barriers, yet pride, enjoyment, and commitment remain resilient.
What they need: Better systems, clearer priorities, and reduced friction.
Risks: Burnout and quiet withdrawal.
Globally, the 36-45 age band overindex on responding to emails or work calls outside of their working hours, performing tasks outside of their role, and working unpaid overtime. This pattern is even more pronounced among G7 countries.1
Mindset: Grounded, pragmatic, and steady. Values clarity, predictability, and respect for experience.
Experience overview: Positivity mirrors 36–45 but with lower strain. Less excitable than younger cohorts, yet content and loyal when conditions are stable.
What they need: Consistency, autonomy, and recognition of expertise.
Risks: Disengagement through loss of trust or sudden change.
46-55
The Stable

56-65
The Selectively Positive

Mindset: Experienced, discerning, and intentional. Invests energy where it feels worthwhile and authentic.
Experience overview: Lower confidence in communication, development, and executive trust — but higher enjoyment, values alignment, and belonging.
What they need: Respect, honest communication, and meaningful contribution.
Risks: Selective disengagement or earlier than expected exit.
Across 30 countries, public perception is that the 56-65-year-olds are the age group who would most often feel like different age groups don’t respect them. In fact, they’re the least likely. Actually, just 21% of this older group of employees say they often feel like this, with this sentiment much more prevalent among the 16-25-year-olds (40%).
Thought starters
How can you provide the 16-25s with opportunities to embed themselves into your organisation and cultivate a sense of belonging?
How can you maintain career momentum as positivity about career development continues to drop in older age bands?
How can consistency and respect offset negativity around workplace change?
Footnotes
1. Ipsos Global Advisor. 22,693 adults under the age of 75 across 30 countries, interviewed between 20 February and 6 March, 2026.











